Si mon chemin, mes réflexions, ma quête, si tout cela parle à quelqu’un, je serais heureuse. J’aurais transcendé ma souffrance en quelque chose d’utile pour le monde, même si je n’aide qu’une seule personne.
Pourquoi est-ce que j’écris ce livre ? Est-ce que je le fais pour moi ? Pour les autres ? Sans doute un peu des deux.
J’ai passé ma vie à éviter de parler de moi, pour ne pas ennuyer les autres avec mes histoires et mes problèmes, à éviter de rentrer dans mon intimité, à ne rien dévoiler. Et aujourd’hui, j’écris un texte où je me dévoile.
Jamais, je n’avais envisagé cette option, jamais je n’aurais cru cela possible.
Je n’ai pas honte de raconter mon histoire, d’autres personnes ont sans doute vécu la même chose, cela leur fera peut-être du bien de se sentir compris. Mon histoire fait partie de ma vie et de moi. J’ai décidé d’accepter, de prendre 100 % de ma responsabilité et d’avancer. D’être ma meilleure amie et d’œuvrer pour moi tous les jours.
Je sais que le temps ne se rattrape pas, mais j’ai petit à petit la sensation de revivre. Au fur et à mesure que j’écris, je me décharge de ce poids, qui me compresse la poitrine et m’empêche de respirer depuis toujours. J’ai passé ma vie en apnée, à ne pas prendre trop d’air pour ne pas prendre trop de place. Aujourd’hui, je peux aller un peu plus loin dans mes inspirations. À chacun son Everest. Je crois que je suis en rémission, je serais guérie le jour où je ne serai plus en apnée. Ou inspirer ne sera plus un effort.
Là où on excelle, c’est là où on a beaucoup souffert.
Ce livre pour moi, c’est une occasion de transcender ma souffrance, d’en faire quelque chose. J’ai souffert et j’ai décidé de ne pas minimiser cette douleur comme je l’ai fait toute ma vie. Le manque d’amour finit par tuer. Pas besoin de violence physique ni même de harcèlement moral pour souffrir. L’indifférence suffit.
Je ne me suis jamais reconnue comme victime, je ne me suis jamais donné le droit d’avoir souffert parce que j’avais tout le confort matériel. Aujourd’hui, je refuse aussi ce statut de victime parce que j’ai du pouvoir. Je l’ai abandonné pendant des années, mais j’ai décidé de le reprendre. Je prends ma part de responsabilité.
On peut réécrire l’histoire et trouver du sens a posteriori.
C’est ce que je fais aujourd’hui, je me réapproprie cette expérience et je veux en tirer le positif et transcender le reste. Je cherche ma place dans le monde. Cette quête m’anime depuis toujours, j’en prends enfin conscience. C’est à moi de m’autoriser à prendre ma place, il n’y a que moi qui puisse le faire, personne ne peut le faire pour moi.
Aujourd’hui, je m’autorise à être moi. Affirmer ce qui est important pour toi, si tu as des talents, tu te feras entendre. Je cherche déjà à me faire entendre par moi-même.
Si mon chemin, mes réflexions, ma quête, si tout cela parle à quelqu’un, cela me va. J’aurais transcendé ma souffrance en quelque chose d’utile pour le monde, même si je n’aide qu’une seule personne.