Je ne sais pas comment la musique est arrivée dans ma vie

La musique n’a jamais eu de place dans ma vie. Que s'est-il passé pour qu'un jour, je décide de prendre des cours de chant et arrive à chanter en public ?

Pensées pour moi même
4 min ⋅ 15/04/2023

La vie est surprenante. S’il y a bien une personne qui n’aurait jamais dû suivre des cours de chant et encore moins se produire sur scène, c’est bien moi. J’étais une enfant timide. Je n’ai jamais étudié ou joué de musique, je n’écoutais pas spécialement de musique non plus, je n’avais pas de poster de chanteurs ou boys band à la mode dans ma chambre d’adolescente. Mon lien avec la musique était pour ainsi dire quasi inexistant.

Quand j’avais 5 ou 6 ans, j’étais obsédée par une chanson de Claude François que j’écoutais en boucle sur le tourne-disque de ma grand-mère.

« Même si tu revenais

Je crois bien que rien n'y ferait

Notre amour est mort à jamais

Je souffrirais trop si tu revenais. »

Je pouvais l’écouter pendant les heures, je dansais dans le salon et puis je remettais le disque, jusqu’à écœurement. Je ne sais pas comment ma grand-mère et ma sœur pouvaient supporter cela. Les paroles n’étaient pas particulièrement adaptées à une enfant de cet âge, mais je ne pouvais pas m’arrêter, je ne sais pas ce que je trouvais dans cette chanson. Les enfants peuvent regarder 100 fois le même film, j’imagine que c’était pareil pour moi avec cette chanson.

 Je détesais la musique

À l’école, la musique était l’une de mes matières détestées, à égalité avec le latin. Entre les deux, mon cœur balançait réellement. Je ne voyais que des contraintes et des leçons à apprendre. Je ne comprenais rien au solfège, ces cours étaient d’un ennui total. Autant, je m’amusais en cours d’arts plastiques : dessiner avec une brosse à dents, mettre de la peinture partout et appeler ma création une œuvre d’art, autant j’étais dépitée en cours de musique.

À l’exception de quelques incursions dans ma vie, la musique s’est résumée aux génériques des dessins animés qui ont marqué mon enfance. Mon préféré c’était Creamy, merveilleuse Creamy, qui racontait l’histoire d’une enfant aux cheveux bleus qui se transforme en chanteuse à succès grâce à des pouvoirs magiques. J’étais fascinée par ce dessin animé, cette jeune fille qui mène une double vie et bien sûr par le générique que je trouvais très réussi.

Quand on partait en vacances en voiture, chacun pouvait choisir un CD : ma mère optait pour Nana Mouskouri, mon père pour Guy Béart ou du classique, mes sœurs pour Patrick Bruel, les Spices Girls ou autre 2be3. Je crois que j’étais la seule à ne proposer aucune chanson, comme si c’était normal que tout le monde ait son moment de joie sauf moi. Je ne me l’étais pas formulé à l’époque bien sûr, mais aujourd’hui, je réalise que je m’oubliais déjà.

Pour nos premières vacances en amoureux, mon ex avait apporté sa guitare. Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais il m’a demandé de chanter. Je me souviens très nettement de ma surprise et de ma difficulté de le faire… et puis un son est sorti de ma bouche. Simplement. Ce fut un moment suspendu. Nous parlions assez peu de musique, sauf en voiture où nous échangions nos morceaux préférés. Je ne connaissais aucun des siens, il était effaré devant mon absence de culture musicale.

Il n’y a pas de musique dans le monde du silence.

Pensées pour moi même

Par Sophia Isa

✍ Autrice 🎶 Chanteuse 🎤 Humoriste 🚀 Curieuse 🧘‍♀️ Méditation ❤️ Love

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