15 ans qu’il était actif, même le covid n’en avait pas eu raison. Je ne l’ai pas résilié, comme si je tenais à garder un lien avec Paris. C’est bizarre de constater que c’est la suspension de ce pass qui me fait le plus d’effet. Comme s’il matérialisait cette bascule, ce changement majeur dans ma vie.
À Marseille, je me sens à la fois chez moi et étrangère.
J’ai déjà pas mal de repères, c’est peut-être parce que j’ai l’habitude de voyager dont je trouve facilement mes marques, l’inconnu ne me fait pas peur. Mais la question fondamentale est de savoir si je vais m’y plaisire et y (re)faire ma vie.
Est-ce que Marseille sera une étape avant de m’installer ailleurs, en France ou à l’autre bout du monde ?
Je n’en ai aucune idée, cela va dépendre des rencontres que je vais y faire, de l’éventuelle rencontre de mon âme sœur… mais aussi de ce que je vais lâcher à Paris. Est-ce que j’y retournerais de temps en temps ou toutes les semaines ?
Ça y est, j’ai un appartement à Marseille
J’ai récupéré les clés de mon appartement à Marseille, exactement à l’endroit où je voulais. Je suis excitée, un peu sonnée aussi, je crois que cela me fait bizarre de me dire que j’ai pris un appartement à Marseille en CDI. Il n’y a pas de date de fin au bail, je pars quand je veux !
La fin de mon préavis de mon poste à Paris coïncide exactement avec le début de mon bail. Comme si la porte qui se fermait à Paris s’ouvrait à Marseille dans une fluidité totale.
J’ai expérimenté plusieurs fois dans ma vie cette fluidité, c’est très agréable et assez vertigineux en même temps, comme si l’univers nous aidait, tout semble facile et évident.
L’agent immobilier m’a fait remarquer que la serrure de la boite aux lettres était cassée, j’ai failli lui répondre que je m’en fichais, ne sachant pas combien de temps j’allais rester à Marseille. Mais je me suis ravisée, j’ai demandé à ce qu’elle soit réparée, comme pour affirmer à moi-même que j’ai bien l’intention de tester la vie à Marseille et de me laisser le temps pour juger si cette ville est pour moi.
Je ne vais quand même pas bouder mon plaisir après tout ce que j’ai fait pour arriver là.
Je dois reconnaitre que jusque-là c’était plutôt facile, je ne me suis pas posé trop de questions. Mais je commence à ressentir un certain stress, je sais que septembre sera plus difficile, c’est symboliquement la rentrée, les gens reprennent le chemin du travail, cette période est moins propice à l’insouciance.
J’ai suspendu mon pass navigo
15 ans qu’il était actif, même le covid n’en avait pas eu raison. Je ne l’ai pas résilié, comme si je tenais à garder un lien avec Paris. C’est bizarre de constater que c’est la suspension de ce pass qui me fait le plus d’effet. Comme s’il matérialisait cette bascule, ce changement majeur dans ma vie. Pourtant, c’est très facile à souscrire un nouveau pass.
Chronique d’un départ annoncé. A suivre…