Cela fait très longtemps que je voulais prendre cette année sabbatique. J’avais décidé de demander un congé sabbatique il y a 2 ans et puis j’ai eu une opportunité de poste que je n’ai pas su refuser. J’ai l’impression d’avoir fait un détour de 2 ans, pour finir par faire ce qui était prévu. On peut repousser les choses, mais elles finissent par revenir comme un boomerang. Au boit d’un certain temps, il faut agir et prendre ses responsabilités.
2 ans de tristesse, 2 ans à être malheureuse, à frôler le brun out sans y plonger, comme si mon instinct de survie était plus fort et m’avait protégé toutes ces années. En réalité, je n’en étais sans doute pas si loin. Avec un peu de recul, je commence à reconnaitre à quel point j’ai été malheureuse dans ces derniers postes. Et par ma faute. Attention, je ne culpabilise pas, je prends simplement 100 % de ma responsabilité. J’aurais pu partir bien plus tôt si j’avais voulu.
Je sais très bien que c’est souvent compliqué d’avoir assez de lucidité et de courage pour se mettre en action, c’est pour cela qu’on attend parfois d’être acculé et de n’avoir aucune autre option pour sauter le pas.
Cette année sabbatique sera l’occasion de me laisser porter
Une amie m’a dit qu’elle trouvait cela totalement compréhensible d’avoir besoin de faire une pause après des années où j’ai beaucoup travaillé et endossé d’importantes responsabilités. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle me dise cela, mais elle a ajouté, avec bienveillance, « si tu fais rien certains jours, c’est OK ».
Cela me fait un bien fou de me sentir comprise. Les conversations intimes sont tellement plus intéressantes et plus belles que les autres. Je n’ai pas vu les heures passées, je suis rentrée tard, j’ai failli rater le dernier métro. J’étais légère, je ne savais pas qu’elle pensait cela. Je ne m’étais jamais posé la question à vrai dire. Dans mon monde, c’est tellement normal d’avoir fait une classe préparatoire et trouvé un poste très vite, que ça fait du bien que quelqu’un me le rappelle…
Je décide donc de descendre du manège
Cette expression me parle beaucoup. Prendre le temps de m’écouter, retrouver ma voix intérieure, savoir quels sont mes rêves. Un voyage à ma rencontre. Je veux sentir mon corps vibrer, avoir des frissons qui parcourent tout mon corps. Je veux savoir ce que cela veut dire corporellement et non intellectuellement parlant.
Cela me rappelle un sujet de philosophie que j’ai eu en classe préparatoire : ai-je ou suis-je un corps ? Je n’ai aucune idée de ce que j’ai bien pu raconter, mais je me souviens avoir été déconcertée par ce sujet. Mon corps est-il un objet, est-ce qu’il obéit à mon cerveau ou est-ce une part de moi, capable de communiquer ? Je commence tout juste à me l’approprier, à aller à sa rencontre, à le considérer comme un allié et non pas comme une chose, étrangère à moi.
À la recherche de mon corps et de mes ressentis.
Ce sera mon programme de cette année sabbatique
